A quoi servent les classements des cabinets de conseil?

Le classement des cabinets de conseil est une thématique récurrente dans le monde du conseil, surtout pour les candidats. Ces classements sont un peu comme les sujets vendeurs de la presse à fort tirage, du type « le vrai prix de l’immobilier », « combien gagnent les français » ou  » quel est le pouvoir des francs-maçons ».

Vous trouverez une flopée de classements, notamment issus de la référence en ce domaine, Vault qui les décline selon différentes segmentations (Géographie, Type de cabinet) et de critères (réputation, développement des consultants etc.).

Il suffit de taper « classement des cabinets de conseil » sur Google pour avoir une idée de la popularité de ces sujets.

Le piège des classements des cabinets de conseil

Le principal piège est de leur accorder trop d’importance et d’y consacrer trop de temps. Vous savez combien la préparation professionnelle aux entretiens de conseil en stratégie est chronophage, alors chaque heure perdue à analyser qui est passé de 45e à 47e sur le marché européen du conseil en organisation est vraiment une heure perdue.

Un autre piège est d’ajouter un biais dans sa sélection de cabinets cibles. « Entre le cabinet classe 12e chez Vault et celui classé 15e, mon choix est fait ». C’est la réduction propre à tout classement qui est ici trompeuse. Lorsqu’on prépare sa liste de cabinets cibles, le classement  ne doit pas éclipser les autres paramètres plus impactant comme les secteurs cœur d’activite, la position du bureau au sein de son réseau, l’approche conseil, le salaire, les perspectives d’évolution et de formation etc.

Enfin, pour informatifs qu’ils soient, ces classements sont plus proches des sondages et des synthèses d’avis qualitatifs que de réelles études factuelles. Par exemple pour jauger de la qualité du développement personnel, quel paramètre prendre en compte ? Certains consultants souhaiteront un accès privilégie aux meilleurs MBA, d’autres privilégieront les formations continues courtes et à la carte.

A quoi servent vraiment les classements

Le conseil a aussi ses modes, ses tendances et ses fondamentaux. Un classement tel que celui du Vault permet de dessiner ces mega-trends. Si la prise en compte rang après rang est à faible valeur ajoutée, il est par contre bien utile de distinguer les 4 grandes familles de cabinets de conseil

  • Le top-tier ou MBB ou McKinsey, Boston Consulting Group et Bain – groupe 1
  • Le groupe des cabinets historiques ou en ascension solide depuis quelques années – groupe 2
  • Le groupe des cabinets de niche – groupe 3
  • Le groupe du reste des cabinets – groupe 4

Le groupe 1 est bien identifié et n’évoluera pas à moyen terme sauf événement exceptionnel type Enron. Pour ce groupe 1, McKinsey, Boston Consulting Group et Bain le classement ne vous apprend rien sauf à faire parler de lui en permutant momentanément les classements de tête.

Le principal intérêt du classement réside avant tout dans la possibilité d’identifier les cabinets du groupe 2. Il y a tout d’abord les cabinets historiques, ceux dont la réputation a été construite sur de nombreuses années et qui restent encore dans la compétition et visibles dans les classements, sans pour autant bénéficier d’une dynamique. Pour identifier ces cabinets, vous pouvez repérer les classés 4 à 30 du Vault et repérer leur date de création, ou encore lire les histoires ici et là du conseil en stratégie et les recroiser avec le classement. Les cabinets en ascension solide sont assez récents, ils ont moins de 20 ans, voire 15 ans et sont connus de la communauté du conseil, ils occupent les places de tête du Vault depuis au moins 5 ans.

Le groupe 3 nécessite une identification au cas par cas. Pour ce groupe, le classement à l’échelle internationale ou européenne n’est pas d’un grand apport car ils opèrent souvent sur des géographies limitées. Pour les identifier, il faut commencer par choisir un secteur clé et aussi un nombre minimum de consultants ou de chiffre d’affaire. Car une boutique de 5 consultants n’est pas dans le spectre de ce groupe 3, elle est trop petite et vraisemblablement monoclient, ce qui va encore plus loin que cabinet de niche. Ces cabinets de niche ont un positionnement privilégié avec une poignée de clients, sur différents secteurs. En passant en revue les classes 30 à 100 du Vault, un examen de leur site internet laissera deviner si ces cabinets sont positionnés ou non sur une niche.

Enfin le groupe 4 est constitué du reste des cabinets. Des structures pouvant être jeunes et très visibles sur une mission particulière ou par la réputation de leur fondateur, apparaître dans les classements une année pour en disparaitre l’année suivante. Même au sein du monde du conseil, elles manquent encore ou toujours de visibilité. J’avais passé un entretien dans une de ces structures, je vous expliquerai comment cela s’était – très mal – passé dans un prochain article.

Ainsi en synthèse, les classements des cabinets de conseil permettent principalement de bien identifier les cabinets du groupe 2 qui seront d’excellentes cibles au delà du top-tier, afin de bénéficier d’une expérience reconnue et valorisable au delà du réseau stricte du cabinet. Ces cabinets sont parfaitement adaptes à un plan de carrière en deux temps pour intégrer un top-tier en second poste.

Surtout ne perdez pas trop de temps avec ces classements, concentrez-vous sur votre préparation aux entretiens, c’est le meilleur conseil que je peux vous donner.

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