Comment faire une étude de cas : les bases

Étude de cas: pour de nombreux candidats au conseil en stratégie, le déroulement classique de cette épreuve redoutée est un mystère.

Or, si vous ne connaissez pas les mécanismes de base de cet exercice, il est fort probable que vous ne serez pas compétitifs.

comment faire une etude de cas

Comment se déroule un cas : la base de la base

Reprenons donc ensemble les bases. Dans un cabinet de conseil, cet exercice dure entre 20 minutes et une demi-heure. Elle commence par l’énoncé d’une problématique business que vous devez traiter, discuter, analyser et « cracker » lors de l’entretien. Le spectre de sujets, de secteurs et de  thématiques est vraiment sans limite et on ne peut plus dire qu’il se restreint aujourd’hui aux problématiques du secteur privé, car les cabinets développent de plus en plus leur portfolio dans les secteurs publics et non-profit. Après avoir vérifié que l’énoncé était bien clair – sinon il ne faut pas hésiter à poser des questions -  il s’agit de prendre le temps de la réflexion. Dans le conseil en stratégie ou en management, la gestion du temps est bien différente des postes de management classiques. Et pendant ce type d’épreuve c’est encore pire. Ici nous parlons donc de temps de réflexion de maximum 2 minutes. Pendant ce temps très court, vous serez amené à proposer votre plan pour analyser et « cracker » le cas. Cette première étape est essentielle et nombre de candidats échouent en fait à cause de leur gestion des deux premières minutes : en deux mots si vous n’optimisez pas votre gestion du temps pendant ce très court laps de temps, le cas est quasiment perdu. C’est pourquoi la Méthode Intégrale contient un processus détaillé pour gérer ces deux premières minutes cruciales, soit dit en passant :)

Ensuite le reste de l’échange consiste en une itération faite de questions-réponses avec l’examinateur. En fin de cas, vous serez amené à synthétiser les éléments clés de votre analyse, mettre en valeur ce que vous avez réussi à « cracker » et également les sujets en suspens qui nécessiteraient plus de temps. Voila, vous avez termine l’étude de cas sous son format le plus classique. Précisons que 90% de ces mises en situation ont ce format.

Préparez-vous à des formats de cas plus spécifiques

Mais il y a des exceptions. Certains cabinets vous présélectionneront par une épreuve sur ordinateur, notamment McKinsey et le Boston Consulting Group, mais aussi Accenture et de nombreuses autres institutions. Parfois vous aurez un cas écrit comme au Boston Consulting Group. Enfin environ la moitié de ces exercices intègrent une épreuve dite quantitative, pendant laquelle vous serez amenés à faire non seulement des calculs de base en termes d’outils mais aussi et surtout des raisonnements structurés, organisés et clairs pour montrer à votre interlocuteur que vous ne vous enfermez pas dans votre analyse.

Les candidats francophones sont aujourd’hui plutôt mal préparés à ce type d’épreuve spécifique, car ils la confondent parfois avec les business cases des Ecoles de Commerce et surtout car ils se préparent principalement avec les outils d’il y a 20 ans tels que les classiques américains. Ces ouvrages sont essentiels en terme de culture générale mais bien de dessous du niveau requis pour décrocher une offre…mais cet état de fait est aussi une opportunité pour les candidats qui se préparent sérieusement !

Une préparation minutieuse doit être à la fois englobante et soucieuse des détails. Englobante, car il s’agit de bien comprendre le lien entre le cas et le volet « fit interview ». Trop de candidats considèrent que ces deux sections de l’entretien sont déconnectées. Dans ce cas, les examinateurs ont l’impression d’avoir deux candidats face à eux: le premier à l’aise et structuré pendant la présentation interpersonnelle et le deuxième craintif et apparemment beaucoup moins motivé!

Or le lien intrinsèque entre ces deux épreuves est crucial à comprendre : le secret étant de commencer son cas dès sa présentation personnelle. Evidemment il ne s’agit pas d’orienter la conversation vers un sujet business lorsqu’il s’agit de parler de vous. Il faut parler de vous en demontrant des a présent que vous avez les compétences et attitudes attendues d’un consultant. Prenons par exemple votre cv, ce document regroupe un ensemble de mots clés en relation directe avec votre profil et avec le profil requis pour un consultant en stratégie ou management. Lors de votre présentation personnelle, faites donc en sorte non seulement de vous présenter comme un candidat « structuré » mais surtout prouvez-le! Car il est très facile de faire apparaître un gros gap entre les mots et les attitudes. Trop peu de candidats le savent mais un cas réussi, cela se joue beaucoup avec une présentation personnelle et une discussion avec un jeu de questions-réponses réussis!

Ensuite il s’agit d’être soucieux des détails, car in fine, un candidat est évalué non pas à la louche sur sa prestation mais au contraire à la loupe, avec un ensemble de critères quadrillant l’interview sur toute sa la durée. En fait, vous ne passerez pas une demi-heure de cas, vous passerez quinze petits cas de 2 minutes chacun! Les tableaux d’évaluation des cabinets prennent en compte ces éléments de manière extrêmement formalisée. Il est donc necessaire de vous préparer en orfèvre, en ayant un plan d’attaque stratégique pour aborder chacune de ces petites épreuves de 2 minutes dans l’épreuve globale du cas. Evidemment, les leviers à actionner ne peuvent pas être les mêmes dans les 2 premières minutes et après 20 minutes de discussion! Un cas dispose tout comme un entretien de fit, de sa dynamique. Imaginez un candidat qui répondrait aux dernières questions de son interlocuteur sur son parcours en faisant comme si tout recommençait a zéro. Du type, « Pouvez-vous me préciser si vous êtes en course dans d’autres cabinets? », et le candidat de repondre « bonjour, très heureux de vous rencontrer… ». Cela vous parait absurde? Ou exagéré? Vous avez raison, et c’est exactement le sentiment d’un examinateur lorsque le candidat, au bout d’un quart d’heure d’étude de cas, raisonne comme si le sujet venait de lui être posé depuis 2 minutes, sans prendre en compte les échanges précédents, les réponses de l’examinateur, les insigths etc. La bonne nouvelle ici encore, c’est que les candidats qui dominent cette dynamique survolent la compétition!

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