Préparation aux entretiens de consulting: comment se lancer dans le processus de recrutement des cabinets de conseil en stratégie en évitant les erreurs types qui contribuent à beaucoup d’échecs?

Les recrutements dans les cabinets de conseil en stratégie sont les plus sélectifs qui existent en termes d’entretiens de recrutement. Seuls les entretiens de sélection en banque d’affaire ont une sélectivité équivalente et encore, ces dernières ne font pas appel à des études de cas aussi imprévisibles que les consulting firms.

Savez-vous quelle est la principale cause d’échec en entretien pour devenir consultant ?

 

A cette question, on retrouve souvent les mêmes réponses qui constituent à elles seules le mythe du conseil en stratégie

  1. Les cabinets de conseil ne recrutent que des écoles cibles de groupe A
  2. Le facteur chance fait que sur 8 études de cas et entretiens constituant le processus complet de recrutement dans un cabinet de conseil, la probabilité d’en rater un est de l’ordre du taux d’échec, soit 90%
  3. Mon expérience ne correspond pas aux attentes des cabinets de conseil, tant mes stages que mon/mes premiers postes

Si vous avez acquiescé à l’une de ces réponses, je vous le dit tout net vous avez tout faux. La bonne nouvelle c’est qu’en lisant ce qui suit vous allez comprendre les causes réelles des échecs de candidats consultants et…pouvoir prendre un avantage compétitif en anticipant au mieux les vrai difficultés.

Guess estimate : sur une carrière, à combien estimez-vous au minimum le gain salarial à se lancer dans le conseil en stratégie ?

Sans entrer dans de grandes considérations théoriques, un jeune diplôme qui entre dans un cabinet de conseil peut légitimement espérer toucher un salaire brut de 10 k€ supérieur à la moyenne de ses camarades de promotion. Ensuite tout le temps ou il restera dans le secteur du conseil, on peut faire l’hypothèse basse que ce delta va aller en s’amplifiant car les évolutions salariales sont plus fortes dans le conseil que dans l’industrie et les services. De même si notre consultant au bout de quelques années choisit (ou subit) de ne pas être partner de son cabinet, si sa transition est effectuée avec un minimum de préparation, le delta sera au minimum de 10 k€ par rapport à un parcours tout service ou tout industrie. En hypothèse basse on peut donc considérer pour un consultant qui ne se bat pas pour le salaire que le gain net hors impôts est de 10 k€/an. Sur une carrière de 37 ans, avec les hypothèses les plus basses possibles et pour un candidat qui ne cherche pas a se placer parmi les hauts potentiels pendant toute sa carrière, le gain net est supérieur à 1 M€. Vous pouvez vérifier ce calcul avec n’importe quelle calculatrice d’épargne pour un placement moyen à 5% sur un support type assurance vie. En moyenne, il est clair que le gain salarial sur une carrière peut facilement être de l’ordre du double voir du triple soit 2 ou 3 M€. Mais pour ce que j’ai à vous dire, on peut très bien se contenter du 1M€ qui est indiscutable.

En d’autres termes, la choix d’une carrière dans le conseil en stratégie peut être vu comme un investissement personnel avec un retour financier de l’ordre au minimum de 1M€.

La principale raison d’échec aux entretiens des cabinets de conseil en stratégie : 99% des candidats investissent moins dans leur carrière que dans l’achat d’un kilo de tomates au supermarché !


 

 

Faire ses courses dans un supermarché est un investissement personnel à la fois en temps, en efforts physiques et aussi financiers. Pour un caddie moyen de 150 €, le temps de se rendre au supermarché, de faire les courses, de les ramener à la maison et de les ranger, vous en avez au bas mot pour 3 heures. Soit 1 heure pour 50 €. Et encore, je ne compte pas le temps pour analyser le marché et choisir le meilleur endroit pour optimiser le couple qualité/prix.

Quel devrait être l’investissement personnel en temps pour un candidat qui considère que sa carrière dans le conseil est au moins aussi importante que son caddie au supermarché ? Il suffit de ramener le temps passe pour acheter des tomates et ses pommes de terres soit 1 heure pour 50 € au gain de 1M€ sur une carrière : soit 20.000 heures soit avec 8 heures par jour de travail 2.500 jours soit avec 250 jours de travail annuels…il faudrait donc consacrer 10 ans à temps plein seulement à préparer son entrée dans le conseil si on jugeait cet investissement aussi important proportionnellement que remplir un caddie pour ses courses.

Evidemment le point n’est pas de consacrer tout ce temps au processus de recrutement…car il faut bien vivre et avec une approche réfléchie, méthodique et de haut niveau il n’est pas nécessaire de passer un temps démesuré a votre préparation. Mais que constate-t-on en pratique ? Les candidats consultants consacrent au mieux quelques heures à la lecture de livres en anglais sur la préparation aux études de cas, ont une idée assez vague de ce qui les attend vraiment dans le conseil en stratégie, passent de longues heures sur des forums pour prendre des informations anonymes ou la valeur ajoute et l’exactitude n’est pas toujours au rendez-vous et discutent avec des connaissances ou d’anciens élèves pour se faire connaitre et faire passer leur cv. CV qui n’a d’ailleurs pas été retravaillé dans les moindres détails pour le mettre en cohérence avec les entretiens dans les cabinets de conseil, c’est le même cv que pour les autres types d’entreprise que le candidat approchera en parallèle pour assurer un job in fine. Ah oui j’oubliais, dans certaines écoles cibles, parfois les cabinets de conseil organisent des sessions où ils présentent aussi un cas pour permettre aux étudiants de s’initier à cet exercice très particulier. Etude de cas résolue en public qui ne fait par construction absolument pas ressortir les enjeux concrets lors des entretiens réels. Bref, au mieux un candidat consultant type consacrera quelques heures de travail, fruits d’opportunités plus que d’une approche vraiment professionnelle pour préparer un événement professionnel qui comptera bien plus que le diplôme de fin d’étude ou que l’achat d’une première maison en son temps.

 

Dans ces conditions, sans préparation solide, sans véritable approche stratégique, il n’est pas étonnant que 90% des candidats plantent leur recrutement dans le conseil. Pourquoi voulez-vous être recrutés alors que vous n’envoyez que des signaux d’amateurs face à des recruteurs qui veulent à travers les entretiens deviner vos capacités de professionnel ? Il n’y a rien de plus normal en fait. Et ne croyez pas que cela ne touche pas les écoles de groupe A…elles aussi ont des statistiques très faibles de réussite car je le répète les candidats de groupe A n’ont réellement qu’un avantage sur les autres : passer la barrière des cv dans les cabinets top tier soit McKinsey, Boston Consulting Group et Bain et les petites boutiques très sélectives type Mars par exemple. Une fois reçus en entretiens, si ces candidats consultants de Polytechnique, HEC, ESSEC, Mines Paris etc. ont limité leurs préparations aux entretiens à la lecture du Vault, du forum Hardware et à l’événement cocktail organisé par les top-tier croyez-moi beaucoup feront autre chose que du conseil en stratégie !

Que retenir pour être sur de bons rails avant de vous lancer dans les envois de cv et de lettre de motivation dans les cabinets de conseil ?

En synthèse, une préparation sérieuse nécessitera environ 1 mois de travail cumulé et étalé sur 6 mois afin

  • De trancher de manière nette sur votre motivation à vous lancer et y consacrer les efforts nécessaires – car il vaut mieux ne pas se lancer que de passer même 3 jours à travailler pour se lancer en amateur, se faire ramasser et ne rien en tirer à part de l’amertume
  • D’identifier les cabinets cibles car sans cela vous naviguerez à vue et risquez de vous mettre dans des situations inextricables en termes d’organisation personnelle, de refuser des entretiens à des cabinets qui vous blacklisteront ensuite ou de perdre du temps avec des cabinets qui ne vous recevront pas en entretien vu votre profil actuel – mais les groupe B peuvent entrer dans le top-tier à condition de faire les choses proprement et de manière organisée
  • Préparer son cv et sa lettre de motivation – c’est encore plus important que de préparer ses études de cas, je vous expliquerai pourquoi et comment en détail dans de prochains articles
  • Préparer l’épreuve des études de cas et bien sûr des guess estimates pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec les calculs. Cela ne signifie pas faire tous les cas de la terre car la pour le coup 10 ans de travail ne suffiraient pas mais à aborder les études de cas avec une méthode éprouvée pour les réussir sans miracle, en étant à la fois un buldozzer et un as de l’adaptation et de la réactivité, je vous expliquerai comment sur ce blog
  • S’entrainer seul/avec des amis/avec un professionnel, trois types de préparations complémentaires dont il faut impérativement savoir quoi attendre et dans quel enchainement et timing
  • Préparer l’approche spécifique à chacun des cabinets qui vous offrent un entretien – car on n’approche pas McKinsey comme on approche un petit cabinet parisien de 20 consultants
  • De tirer les enseignements des premiers entretiens et de les intégrer concrètement qui à sa présentation personnelle, qui à sa méthode de résolution d’étude de cas
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One Response

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  1. Merci pour cet article, très intéressant.

    J’attends la suite avec impatience!

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